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Retraite : le gel des pensions au-delà de 2 000 € toucherait aussi les retraités modestes, voici pourquoi

Le gouvernement envisage de ne pas revaloriser les pensions excédant 2 034 € par mois. Mais cela affecterait aussi indirectement les foyers les plus modestes, observe une étude de l’Institut des politiques publiques. Décryptage.

Le gouvernement présente jeudi son projet de budget 2027. Il pourrait inclure une désindexation des pensions au-delà de 2 034€ par mois. Une étude de l’Institut des politiques publiques analyse les effets de cette mesure.

Qu’envisage le gouvernement ?

De faire participer les retraités à l’effort de redressement des comptes publics, dans le budget 2027. Pour cela, le gouvernement avance deux pistes, qui, assure-t-il, « préservent les retraités les plus modestes ». La première consiste à déroger à la règle légale d’indexation sur l’inflation des pensions de base. Elles seraient gelées pour les retraités touchant plus de 2034€ par mois (complémentaire comprise).

Cette mesure préserverait-elle les retraités modestes ?

Non, répond une étude récente de l’Institut des politiques publiques. On pourrait pourtant croire au premier abord que cette mesure n’affecte que les retraités gagnant plus de 2 000€, et épargne ceux qui touchent moins. Mais ce serait oublier les retraités vivant en couple. « Prenons l’exemple d’un ménage, dont l’un des membres touche 2 000 € de retraite et l’autre une toute petite pension, observe Sylvain Duchesne, l’un des auteurs de l’étude. Geler la pension de 2000 € peut alors diminuer le niveau de vie de l’ensemble du foyer. » De quoi rogner d’une trentaine d’euros le niveau de vie de « 46 % » des retraités, y compris parmi les plus modestes, calculent les chercheurs. Et la perte serait plus marquée pour les classes moyennes que pour les foyers les plus aisés : « Ces derniers ont d’autres revenus que la pension de base, détaille l’économiste. Par exemple, des revenus du capital, une complémentaire plus élevée etc. » Bref, le gel envisagé accroîtrait les inégalités.

Et l’autre piste ?

Elle concerne l’abattement fiscal de 10 % sur les pensions. Il est assorti d’un plafond de 4 439 € par foyer fiscal. Le gouvernement n’exclut pas de le ramener à 3 000 €. À la différence de la désindexation examinée précédemment, l’abaissement du plafond épargnerait les foyers les plus modestes. « Car cela ne concernerait que les retraités qui paient l’impôt sur le revenu, c’est-à-dire environ un retraité sur deux, observe Sylvain Duchesne. Et la mesure affecterait un niveau de revenu supérieur à celui concerné par la désindexation. » Elle entraînerait une hausse d’impôts pour les personnes touchant plus de 30 000 € par an (2 500 € par mois, pour une part fiscale).

Ouest-France ,Jacques Sayagh, Publié le 28/09/2026

 

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