Le gouvernement est en pleine période d’arbitrage sur le budget 2027. Quelles sont vos craintes ?
Désindexation partielle des retraites, taxation de l’épargne salariale, taxation des héritages dès le premier euro, relèvement du plafond annuel des franchises médicales… Il y a des annonces et des propositions diverses et variées chaque jour ou presque. Ma principale crainte, ce sont les attaques répétées contre les salariés à qui on veut faire les poches, et particulièrement les salariés que la CFE-CGC représente : les techniciens, les agents de maîtrise, les cadres et les ingénieurs. Dans les discours, on entend beaucoup de velléités pour aller toucher au capital, aux rentiers et aux fortunes qui reposent beaucoup plus sur la spéculation que sur le travail. Mais dans les faits, quand on regarde ce qui est proposé, ce sont toujours les mêmes qui trinquent, ceux-là même qui, par leur travail, contribuent largement à financer le système et la solidarité intercatégorielle. Il faut dire stop et poser des limites.
Quid de la ponction envisagée, jusqu’à 2 milliards d’euros, dans les caisses de l’Unédic ?
Toutes les ponctions à l’encontre de l’Unédic mènent à une réduction des droits pour les demandeurs d’emploi. Or l’assurance chômage, comme son nom l’indique, est une assurance. L’Unédic, gérée par les partenaires sociaux, a d’ailleurs démontré l’utilité de son modèle assurantiel cet été lors des terribles incendies en Gironde et dans les Landes avec la mise en œuvre immédiate de l’activité partielle pour les entreprises dont les salariés ne pouvaient plus travailler. Laissons le régime d’assurance chômage remplir son rôle.
Cet été, la CFE-CGC et la CGT ont saisi la justice sur le gel de la valeur du point Agirc-Arrco (retraites complémentaires). La situation peut-elle se débloquer ?
Nous l’espérons. Après avoir constaté le blocage des organisations patronales (OP) ayant conduit au gel de la valeur du point Agirc-Arrco pour 2026, pénalisant 14 millions de retraités mais aussi 28 millions de salariés actifs dont les droits sont en cours de constitution, nous avons décidé de porter l’affaire en justice afin de préserver les intérêts des retraités actuels et futurs et une gestion paritaire du régime conforme à ses règles. Nous considérons en effet que par leur position, les administrateurs des OP ont empêché le conseil d’administration du régime d’appliquer les règles de pilotage mentionnées dans l’accord national interprofessionnel en vigueur. Il faut qui plus est rappeler que le régime de l’Agirc-Arrco se porte très bien avec des réserves de l’ordre de 90 milliards d’euros.